BELETWEYNE – Devenir officier et servir sous le drapeau djiboutien était un rêve d’enfance. Aujourd’hui, le lieutenant-colonel Ahmed Adan Abdullahi réalise cette ambition sur l’un des terrains les plus exigeants de la région : la Somalie.

Officier des Forces armées djiboutiennes (FAD), il commande actuellement le 13e bataillon djiboutien, déployé dans le secteur 4 de la Mission de soutien et de stabilisation de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM).

Basé à Beletweyne, dans la région de Hiiraan, il supervise les éléments djiboutiens déployés notamment à Beletweyne, Buula Burde, Jalalaqsi et Dhusamareb.

Une vocation née à Djibouti

Ahmed Adan Abdullahi a grandi à Djibouti avec une ambition bien précise : porter l’uniforme et devenir officier.

Après avoir effectué ses études primaires, secondaires et supérieures à Djibouti, il poursuit une formation militaire au Soudan. Une étape qui marque le début d’un parcours qui le conduira à exercer d’importantes responsabilités au sein des Forces armées djiboutiennes.

« J’ai rejoint l’armée pour deux raisons : défendre mon pays et réaliser mon ambition de devenir officier », explique-t-il.

Une solide expérience du terrain somalien

La Somalie occupe une place importante dans son parcours militaire. Entre 2015 et 2017, il est déployé à Buula Burde. Il revient ensuite dans le pays entre 2021 et 2022, cette fois à Dhusamareb.

Ces différentes missions lui permettent d’acquérir une expérience du terrain, mais également une connaissance des populations et des enjeux sécuritaires auxquels sont confrontées les forces déployées dans le centre de la Somalie.

Aujourd’hui à la tête du 13e bataillon, il met cette expérience au service du commandement de ses hommes et de la coordination avec les forces de sécurité somaliennes.

Dans la continuité de l’engagement djiboutien en Somalie

La présence du lieutenant-colonel Ahmed s’inscrit dans un engagement plus large de Djibouti en faveur de la stabilisation de la Somalie. Les forces djiboutiennes sont présentes à Beletweyne depuis 2012 et ont participé à plusieurs opérations militaires dans la région de Hiiraan.

Cet engagement a également eu un coût humain. Plusieurs militaires djiboutiens ont perdu la vie au cours des opérations menées contre Al-Shabaab.

« Nos forces ont perdu de nombreux soldats lors de la libération des villes », rappelle le lieutenant-colonel, qui souligne que les militaires djiboutiens continuent de servir aux côtés des Somaliens.

Une mission militaire, mais aussi humaine

Au-delà des opérations de sécurité, Ahmed Adan Abdullahi insiste sur la proximité entre les militaires djiboutiens et les communautés locales.

La langue, la religion et les liens culturels partagés entre Djibouti et la Somalie constituent, selon lui, un atout important sur le terrain et facilitent les échanges avec les populations.

Du jeune Djiboutien qui rêvait de devenir officier au commandant d’un bataillon déployé sous la bannière de l’Union africaine, Ahmed Adan Abdullahi a construit une partie importante de sa carrière militaire en Somalie.

Un parcours aujourd’hui placé sous une double responsabilité : commander ses hommes et contribuer, aux côtés des forces somaliennes et africaines, aux efforts de sécurité et de stabilisation du pays.