Depuis son sacre au Tour de Djibouti à vélo, il a gagné le surnom bien senti de Pogacar des FFDj. Florent Ferrero est un habitué de Djibouti qu'il s'est pris à aimer. Et Djibouti le lui rend bien. Un coup de foudre qui est le fruit d'une série de déploiements en mission à Djibouti. Plusieurs séjours qui ont favorisé l'insertion de ce militaire dans le milieu cycliste djiboutien comme coach d'abord, puis comme mentor et enfin comme conseiller technique de l'équipe nationale de cyclisme.

Sous-officier des Forces françaises stationnées à Djibouti, Florent Ferrero est un féru de cyclisme. Ancien champion de vélo cross militaire en France, il n'a eu aucun mal à survoler le Tour de Djibouti à Vélo. Mais son histoire avec Djibouti et surtout ses milieux cyclistes professionnels est bien plus ancienne et plus riche. Il justifie d'un palmarès aussi riche que le coaching, le mentorat, la mobilisation de fonds et la recherche de sponsoring, et le conseil à l'équipe nationale de cyclisme.

Grand et un peu frêle, Florent Ferrero est un piémontais bien comme il faut. Humble et agréable, l'homme est un militaire de carrière, qui a fait ses armes dans la marine. Bien loin des gros bras chez les commandos de marine (Marsouin et Bigard) qui font la fierté de l'armée française. Lui se dit simple technicien des réseaux d'information et de transmission au sein de la Direction Interarmées des Réseaux et des Infrastructures des Systèmes d'Information (DIRISI), aujourd'hui devenue Direction d'Appui Numérique Zonale (DAZN).

C'est dans ce cadre qu'il est déployé à Djibouti à bord du Georgelais pour trois jours en 2008, puis pour quatre jours en 2009. C'est en 2012 qu'il fait une halte de plusieurs mois, entre septembre et décembre. L'occasion pour lui de s'enticher du peuple de Djibouti et de nouer des amitiés sur les pistes cyclables, celles-là qu'il affectionne particulièrement, avec des jeunes qui partagent sa passion ! Nous sommes en 2018, Florent Ferrero est affecté à Djibouti pour trois ans. Sa curiosité naturelle le conduit dans la rue vers des jeunes Djiboutiens amateurs de vélo. Le remarquant tout de suite, ceux-ci l'invitent à se joindre à eux. Il fonce sans hésiter et se mêle à ce groupe très joyeux qui pratique le vélo par pur plaisir.

Ce qu'ils ne savent pas, c'est que Florent est déjà un passionné de bicyclette qu'il pratique depuis bien longtemps. Il compte déjà plusieurs compétitions cyclistes et podiums à son actif ; champion d'une vingtaine de courses cyclistes amateurs, il finit vice-champion des armées en France en 2012 et s'impose dans les vingt premiers aux championnats militaires mondiaux l'année suivante. Il est aussi le champion incontesté de la Côte d'Azur dans l'épreuve du « Contre la Montre » une année plus tard. Il a aussi participé à plusieurs courses cyclistes de classe 2, impliquant des cyclistes amateurs et professionnels.

Florent est un atout précieux pour ses jeunes camarades djiboutiens : il leur apporte un coaching technique et physique dans les rudiments de cette discipline sportive très technique. Il leur apprend à s'abriter du vent, à rouler en peloton et à entretenir leurs vélos. Grâce à l'appui d'un généreux mécène, les jeunes acquièrent sept (7) beaux vélos en carbone comme ceux utilisés par les compétiteurs du Tour de France et un jeu de quatorze maillots de marque française. Tout ce matériel est acheminé depuis la métropole grâce au concours de M. Christophe Guilhou, ambassadeur de France à Djibouti à l'époque.

Un expert formateur de la fédération française de cyclisme, Jacques Sabatier, qui est aussi président du collège des commissaires de course cyclistes, vient à Djibouti pour offrir une formation en mécanique vélo aux athlètes djiboutiens durant plusieurs jours au stade Gouled. Se sentant pousser des ailes, les jeunes s'engagent dans le championnat d'Afrique de cyclisme organisé à Louxor, en Égypte, dès 2017. Bien leur en a pris, puisqu'ils réalisent des performances inattendues pour une première participation. L'équipe nationale de cyclisme de Djibouti arrive au milieu du tableau de classement, à la onzième place (11e), parmi les vingt pays participants. Les deux meilleurs cyclistes djiboutiens vont même ravir les vingt-neuvième et trentième places sur une centaine de participants dans les épreuves individuelles.

Ragaillardis par de tels résultats, l'équipe nationale vise désormais les Jeux Olympiques. Pour gagner son ticket, il faut participer au Tour d'Afrique 2.2 UCI, une compétition semi-professionnelle qualifiante pour les JO. Mais c'est encore un peu trop tôt. En 2018, l'équipe nationale de cyclisme participe aux championnats d'Afrique de course cycliste qui se déroulent à Kigali, au Rwanda, et finit à la treizième place (13e) sur vingt-cinq pays participants. Mais c'est à l'épreuve individuelle de la « course contre la montre » que le jeune Abdek Khaireh s'impose à la trente et unième place (31e) sur cent (100) participants. Des résultats très encourageants pour des athlètes encore en rodage. En cette même année, Florent Ferrero arrive en fin de mission à Djibouti. Il repart, le cœur lourd mais le carnet de contacts bien rempli.

En mobilisant l'ancien président de la Fédération djiboutienne de cyclisme, Hassan Samireh Sougueh, il scelle un précieux partenariat avec le constructeur de vélos professionnels LOOK, qui offre un don de dix (10) vélos en carbone au profit de l'équipe nationale de cyclisme. Florent Ferrero revient à Djibouti en 2023 dans un ultime déploiement au sein des FFDj. L'occasion pour lui de retrouver ses camarades et de participer, entre autres, à la première édition du Tour de Djibouti à Vélo, où il fait parler la poudre et s'impose sur chacune des étapes de la compétition face à quelques-uns de ses anciens élèves. Un beau cadeau du ciel pour revoir et partager la même passion avec ses potes.